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Groupe Trouillet

Hypovigilance : un ennemi qui se combat

Alors que l’alcoolémie au volant ou la vitesse sont souvent cités comme principale causes des accidents de la route, un autre responsable, tout aussi meurtrier, est bien souvent oublié. Également appelé somnolence au volant, l’hypovigilance est responsable de près de 43% des accidents du réseau autoroutier, dont 30% mortels, et quelque 20% des accidents sur les réseaux secondaires. Mais que se cache-t-il exactement derrière ce terme, comment lutter contre l’hypovigilance, et quelles solutions techniques sont proposées aux routiers pour affronter cet ennemi silencieux mais fatal ?

Hypovigilance : définition

Afin de mieux comprendre ce que le terme d’hypovigilance signifie, le plus simple est encore de regarder sa définition médicale.

L’hypovigilance est un état transitoire entre la veille et le sommeil. Elle se manifeste par une perte conséquente et progressive des capacités de vigilance et de réaction, conduisant logiquement vers la somnolence dans un premier temps, puis très rapidement le sommeil. Durant cette phase, les capacités de chacun à analyser une situation, et à l’observer sont amoindries à leur stricte minimum.

Ainsi, en appliquant cette définition à une personne au volant, on comprend rapidement les résultats tragiques que cela peut entraîner :

  • temps de réaction augmenté de manière drastique (de 1 seconde en moyenne à 5 secondes) ;
  • maintien d’un trajectoire fortement compromis ;
  • impossibilité de stabiliser sa vitesse ;
  • rétrécissement conséquent du champ de vision ;
  • perte d’attention à la signalisation et aux autres véhicules.

Les causes principales de l’hypovigilance

De nombreuses causes sont responsables de l’hypovigilance. En effet, tout ce qui peut conduire à un besoin physiologique de dormir est à mettre en cause. Il est ainsi facile d’établir une liste des principales causes de l’hypovigilance :

  • des nuits trop courtes ou des nuits blanches ;
  • les session de travail en horaire décalées ;
  • la lassitude due à des trajets monotones et répétitifs ;
  • la consommation d’alcool ;
  • les substances médicamenteuses ou les drogues ;
  • des repas copieux qui entraînent une digestion fastidieuse.

À titre indicatif, il est important de souligner que même lorsque l’on est pas derrière un volant, le manque de sommeil à de lourdes répercussions sur le corps. En effet, 17 heures de veille active équivaut à un taux d’alcoolémie de 0,5 g. d’alcool par litre de sang. Et plus les heures de veille active s’accumulent, plus cette équivalence d’alcoolémie augmente de manière exponentielle. Ainsi, un tour de cadran complet, soit 24h équivaut à 1 g. d’alcool dans le sang.

Comment détecter un état d’hypovigilance ?

Outre le fait de se dire que l’on est fatigué, de nombreux signes physiques viennent signaler à l’individu son besoin de dormir. On pourra ainsi citer des plus évidents, comme le picotement des yeux ou les bâillements, mais également d’autres plus discrets mais tout aussi révélateurs, comme les douleurs dans le dos, les raideurs au niveau de la nuque ou encore le besoin de changer de manière répétitive et fréquente sa position et son maintien.

Si ces signes permettent de détecter l’hypovigilance, ils ne sont pour autant pas suffisants pour servir d’éléments d’alerte du conducteur. En effet, lorsqu’ils surviennent, il est parfois déjà trop tard, et s’accompagnent bien souvent d’une perte de discernement. Toutefois, s’il peut arriver que ces signes se manifestent suffisamment tôt, et que le conducteur reste alerte et à l’écoute de son corps, il est essentiel de s’arrêter le plus rapidement possible, de stationner son véhicule dans une zone prévue à cet effet, sécurisée et calme. Enfin, lorsque ces manifestations surviennent, et que le repos est engagé, c’est que le corps est aux limites de ses capacités de résistance. Il ne faut donc pas surestimer ses capacités, et penser qu’une pause courte, ou une petite sieste suffiront à chasser la fatigue. Le plus sûr est encore d’effectuer un cycle de sommeil complet, sans réveil qui viendrait mettre en péril la récupération engagée.

Comment lutter efficacement contre l’hypovigilance ?

On l’aura compris, attendre que des signes de fatigue surviennent pour faire une pause n’est pas la solution. Il est en effet important d’anticiper la fatigue, et de réagir avant même que celle-ci ne soit présente.
Parmi les conseils à suivre pour lutter contre la somnolence au volant, on pourra par exemple citer :

  • effectuer des pauses régulières ;
  • bien s’hydrater et consommer des aliments à fort apports énergétiques ;
  • équiper le véhicule d’appareils de télématique capables de détecter efficacement les signes d’hypovigilance.

La télématique, qu’est-ce que c’est ?

D’un point de vue générique, la télématique désigne deux choses, les télécommunications d’une part, et l’informatique d’autre part. Ainsi, c’est un ensemble de matériels qui associent ces sciences pour proposer des solutions aussi diverses que variées afin d’accompagner et d’assister une flotte de véhicules, mais également les hommes et les femmes qui leur permettent de circuler. L’élément le plus connu des appareils de télématique est aujourd’hui dans la poche de presque tout le monde : le GPS. Cependant, la télématique ne se limite pas qu’à un outil de géolocalisation, mais à une multitudes d’applications extrêmement utiles et complémentaires.
En effet, la télématique peut prendre diverses formes, comme une bague connectée, un ordinateur de bords qui analyse les données du véhicule ou les pratiques du conducteur, un système de diagnostique en temps réel de l’état du véhicule (du moteur jusqu’à l’électronique en passant par les capteurs répartis sur l’ensemble du véhicule), etc.
En outre, la télématique n’est pas qu’un outil destiné au conducteur uniquement, mais également au responsable d’une flotte, qui pourra garder un œil constant sur le comportement de ses routiers, et ainsi les protéger de l’hypovigilance, où qu’ils soient. La télématique permet en effet de gagner en efficacité, en sûreté ou encore en performance. Outre les données récoltées, elles permettent également de repérer un temps au volant trop long, une irrégularité dans la vitesse de conduite, ou encore une perte de vigilance de la part d’un conducteur aux signalisations qui l’entourent, mais également aux autres véhicules qui circulent autour de lui.
C’est, pour résumer, un véritable plus pour les entreprises qui aspirent à permettre à leurs conducteurs de travailler dans les meilleures conditions, et leur apporter toute la sécurité et le confort qu’ils méritent.